Wednesday, July 9, 2008

Vogue n° 882


Vogue n° 882 – Novembre 2007-08Spécial Bruce WeberMODELove me or leave mePhotographe : Bruce Weber. Réalisation : Carine Roitfeld.Give that oh la la!Photographe : Bruce Weber. Réalisation : Carine Roitfeld.Série limitéeWeberbilt est la ligne exclusive de vêtements imaginée par Bruce Weber. Par Pierre Groppo.KatiamaniaEsprit vintage, Katia Rodriguez imagine désormais des vêtements au charme irrésistible. Par Carole Sabas. Photographe : David Mushegain. Réalisation : Julia von Boehm. BEAUTEItinéraire d’une séductriceCartographie olfactive de la séduction en quatre escales. Par Lili Barbery. Photographe : Mark Segal. Réalisation : Ludivine Poiblanc.Cosmétique éthiqueUne nouvelle beauté engagée qui fait du bien à l’âme. Par Théodora Aspart. Photographes : Inez van Lamsweerde et Vinoodh Matadin.Bon profilUne beauté customisée à l’extrême qui s’ajuste à chaque personnalité. Par Frédérique Verley et Théodora Aspart. Photographes : Mario Sorrenti et François Lacour.
MAGAZINEL’œil des maîtresPFidèle à ses thèmes de prédilection, David Cronenberg livre, avec Les Promesses de l’ombre, un film à la noirceur brutale et dérangeante. Par Yann Gonzales et Elysabeth François.Idole du coolEgérie du gothique et figure de proue du punk londonien, Siouxsie sort un premier album solo. Entretien. Par Valérie Coroller.Percés à jour...Lorsque meubles et objets contemporains jouent les ajourés. Par Sophie Djerlal.

Par Pascal Martinez-Maxima


Par Pascal Martinez-MaximaAvec sa collection «Délices d'hiver», Hanna Touma fait son entrée dans la scène off de la Haute Couture parisienne. Elle interprète de longues robes en filigrane d'argent, aux dentelles exquises ou aux broderies immaculées. Dans élan chic, la mousseline se pare de fleurs et de brillants, l'organza cultive la légèreté du papillon et le plissé s'envole.Au milieu de ces transparences, se dégagent des motifs d'arabesques pailletées et des diamants fantaisie, qui font étinceler les mannequins à chacun de leurs mouvements. La palette de couleurs est extraordinairement tendre et féminine, on peut y entrevoir des tons pastel poudrés et des pointes de grenadine.Malgré notre vive attention à cette nouvelle recrue, et l'ampleur d'un travail remarquable, on l'inviterait aussi volontiers à abandonner ces volumes un peu trop traditionnels au profit d'une exploration d'effets plus affirmés et d'audaces nouvelles dans la coupe. C'est à ce prix que la créatrice pourrait bien se forger un style plus singulier

Par Pascal Martinez-Maxima


Par Pascal Martinez-MaximaC'est dans le mythique Studio Harcourt, haut lieu de la photographie des célébrités et de la mode, qu'Eymeric François a choisi d'accueillir ses invités. Point de défilé cette saison, juché en haut des quelques marches qui séparent le studio de la cour –remplie de fidèles impatients–, le jeune couturier déclame un bref discours pour expliquer que, cette fois, ce sont les clientes et les journalistes qui vont défiler au milieu des modèles et non l'inverse.Eymeric François prend le parti de recevoir ses invités sous la forme d'un happening de mode, dans l'idée du making-of d'une collection de Haute Couture.Dans «Le studio noir et blanc», on aperçoit une robe de bal corsetée de coton rayé à large ceinture rebrodée de dentelle de Calais et cristaux. On remarque aussi un fourreau en volants de volutes blanches sur taffetas noir, et une grande robe à jupon virevoltant de mini pois et ses fleurs cristallines. Puis, dans “Le salon rouge et rose», on découvre une robe à jupon en pétales de tulle sang rebrodée, en dégradé de plumes et de perles, et un négligé à décolleté subversif… de dentelle de Calais pink et son lit de fleurs noires. Dans «Le dressing baroque», les élégantes n'ont d'yeux que pour le déshabillé de lurex violine à manches-gants, rehaussé de velours noir dévoré. Une fois franchies les portes de «L'antichambre des merveilles», le corselet de kimono vintage et son peignoir rehaussé de fourrures lie-de-vin, fleuri à paillettes, capte toutes les attentions. S'enchaîne un « corps floral » transparent en all-over de glitter et satin noir dans le sombre boudoir, puis, enfin, apparaît le clou du spectacle de ce parcours extraordinaire avec Juliet négligemment endormie en déshabillé de dentelle or et trench oversize de duchesse ivoire sur lit d'épingle d'or, dans «La suite nuptiale». Pour les invités, ravis de voir les créations de plus près, le procédé du parcours offre un moment privilégié. Ce biais intéressant est aussi un moyen pour le couturier de mieux se faire connaître des journalistes et des photographes, d’instaurer une proximité certaine avec lui et son travail et d’augmenter le capital sympathie de sa maison. Au fil des ans, Eymeric François fait la démonstration d'un cheminement réel dans sa couture, mature et réfléchi, il convainc aujourd’hui avec un thème fédérateur, qui ravit aussi bien les clientes que des badauds férus de mode pour qui connaître les dessous d'une vraie séance photos et quasiment toucher du bout des doigts ces merveilleuses créations représentent une expérience inoubliable.

mode


Par Pascal Martinez-MaximaPas si simple pour Pascal Millet chez Carven d'innover dans sa couture, quand le financier semble peser aussi lourd dans la création. Étrange idée en Haute Couture que celle d'affubler les mannequins de lunettes pour promouvoir la nouvelle licence de la marque en optique : une démarche un peu trop «prêt-à-porter» à notre goût.Le couturier fait des efforts pour conserver les clientes fidèles de la marque tout en essayant de dépoussiérer la maison et parvient à présenter des modèles raffinés, grâce au talent et au savoir-faire des petites mains de ses ateliers, mais on regrette une absence de fantaisie dans la gamme de couleurs. Toutefois, quelques silhouettes sont enthousiasmantes, un pantalon «Oxford trousers», large et chic, porté avec une blouse nouée en cloqué de soie argent et une veste cardigan en cachemire. On aime un paletot en lainage pailleté et ses poignets en chinchilla, porté avec un jumpsuit en lainage fil-à-fil. La robe «star», brodée et découpée, en mousseline vison, s'affiche avec une belle ceinture nouée. Un manteau en agneau Tianjin noir brodé à col noué de vison blanc, associé à une robe en crêpe de soie incrusté de satin écru, nous fait frissonner. Au final, les modèles pèchent quelque peu par excès d'esbroufe, et le confort sportswear annoncé dans le dossier de presse ne semble pas être au rendez-vous d'une femme présentée comme moderne. Attendons la saison prochaine pour voir si le couturier parvient à se libérer de ces codes couture au charme d'antan. Un critère indispensable pour capter une cliente plus branchée et l'attention de nouveaux marchés

ELIE SAAB


Par Pascal Martinez-MaximaIl nous avait fait vibrer avec l'or, cette fois, il nous enchante avec l'argent. Sous la voûte bleutée du Cirque d'hiver, le couturier joue avec la machinerie du barnum. La plateforme circulaire du podium s'entrouvre, deux filles surgissent des entrailles de la piste pour entamer un show enrôlant à la mise en scène giratoire parfaite.Pour l'hiver, Elie Saab met à l'honneur le gris et ses multiples variations miroir : gris minéral, gris cristallin, gris sauvage, gris perle, gris lilas… le couturier compose à l'infini avec une palette sourde et belle, jusqu'au noir. Pour alléger la silhouette, il taille des manches bouffantes dans la mousseline de soie et le plissé antique s'entrecoupe de losanges. Truffés de cabochons, constellés de paillettes, incrustés de paillettes ou coulés dans des drapés effrontés, les derniers passages du soir renforcent le merveilleux du défilé avec l'éclatement des pierreries Swarovski. Elie Saab offre une cavalcade de modèles étincelants tous tournés vers le glamour hollywoodien. L'idéal pour retracer la destinée de l'icône Saab de la saison, une actrice en noir et blanc, comme échappée d'un tirage argentique. Manteau en «cloqué argent» rebrodé de paillettes ton-sur-ton, aux bas de manches en vison, sur robe droite coordonnée avec buste de dentelle brodée, robe courte avec pan à l'épaule retenu à la ceinture et bas charleston, robe courte anthracite en dentelle brodée de paillettes et de perles argent à décolleté bénitier retenu à l'épaule par une broche, ou robe longue entièrement rebrodée de paillettes avec superposition de volants, ceinture sous la poitrine et manche asymétrique en organza imprimé. Apparaissant, sculptée dans une incroyable robe sirène et les bras en croix, la mariée clôt le défilé. Telle une madone, sa traine de 7m de long, brodée de perles, de paillettes et de cristal, la sacralise star d'un défilé où le glamour semblait bénit des cieux.

FATIMA GUERROUT


Par Pascal Martinez-MaximaIdéale, la collection de Fatima Guerrout présente un tableau inspiré du coquelicot, fleur préférée de la créatrice. Constituée de vraies «robes de filles», elle comprend quelques modèles qui penchent dans le style lingerie fine avec grâce. Le luxe se caractérise à travers une épure certaine, tandis que les petites robes et les tailleurs pantalon se voient voler la vedette par un éventail de détails judicieux. On note des clins d’œil couture, cape papillon, flancs de robe à volants plats, fine bretelle brodée de minuscules perles de jais, bord de dentelle Chantilly à deviner sous un ourlet… On aime moins ses looks en superpositions de dentelle ou d’organza, déjà vus et peu pratiques, et le tombé des décolletés croisés seraient aussi à revoir. En revanche, on reste baba face à la simplicité pertinente des robes jour et soir à pinces plis soleil sur le côté. Elles produisent un effet couture immédiat et très actuel.Sa précision, Fatima Guerrout l’a acquise en travaillant chez John Galliano ; son chic, elle l’a approfondi en collaborant avec la maison Dior. On a hâte d’en découvrir bien davantage dans la prochaine collection, et il y aurait fort à parier que les clientes chics aussi.

TSUMORI CHISATO


Par Pascal Martinez-MaximaFidèle à son univers onirique, la créatrice japonaise Tsumori Chisato nous transporte pour l’été prochain au bord d’une mer apaisante, fantaisiste et parfois même nimbée de mystère.Ses muses portent des pantalons larges et des jupes métallisées, des robes et des tops aux imprimés abstraits évoquant les fonds marins. Une robe évasée naïve reprend la légende des sirènes, une autre, singularisée par une connotation asiatique, opte pour une forme lampion. Les effets boule et bouillonnés foisonnent, les parkas et les nombreuses capes bulles sont resserrées dans le bas, voire sans manches et à capuche. La collection est interprétée dans les dominantes rouges et bleues. Les pantalons bouffants sont réalisés en mousseline. On soulignera la technique d’une blouse à manches trois-quarts incrustée de sorte de «tranches» de tissu, ou d’une robe en patchwork brut de style naïf. Par le biais d’un décor constitué d’applications, d’imprimés vaguelettes, d’ornements, les vêtements donnent dans le registre marin, avec des volants ingénus et frémissants, des effets bouillonnés ou des fronces. Avec cette collection, un peu moins spectaculaire que les précédentes, on prend plaisir à retrouver l’univers personnel, si singulier et particulièrement attrayant de cette créatrice, chère au cœur des stars, des happy people et des amoureux de la mode